• Géraldine S

Et l’amour dans tout ça ?

Il y a un sujet très récurrent dans les échanges que je peux avoir avec vous : les relations avec les autres. Amicales comme amoureuses.


Un témoignage m’a particulièrement touchée. Celui de cette jeune femme de 20 ans (dont je tairais le nom), totalement perdue car persuadée qu’elle ne trouvera jamais l’âme sœur. Persuadée qu’on ne saura jamais déceler en elle sa vraie richesse, tant elle se sent à part, en décalage et dans l’incapacité de se satisfaire des rencontres qu’elle réalise.


Je me suis revue en elle avec une telle douleur que j’ai eu besoin de venir vous en parler.





Trop intelligente et / ou trop sensible pour trouver l’âme sœur ?


C’est un fait. Les études sociologiques démontrent que les femmes diplômées de 3ème cycle connaissent plus le célibat que les autres. Et les atypiques ? Je pense que malheureusement c’est un fait indéniable. Cette difficulté à trouver l’âme sœur du fait d’un sentiment d’étrangeté et de décalage permanent est une réalité. Et souvent elle nous pousse à nous mettre en retrait.

Ce monde et ses codes nous paraissent et nous apparaissent tellement étranges, qu’il nous semble impossible de nous y intégrer et de rentrer dans le fameux schéma de réussite sociétale : diplômes, carrière, mariage, enfants, maison, chien et SUV (pour pouvoir trimbaler tout le monde).

Rentrer coûte que coûte dans ce schéma de réussite


Ce schéma nous est inculqué dès notre plus jeune âge. On ne nous apprend pas à nous connaître pour savoir de quoi nous avons vraiment envie et besoin (et surtout on ne nous laisse que très peu d’espace de liberté pour le mettre en œuvre). Donc même en temps qu’atypique, nous crevons souvent d’envie de nous y intégrer. C'est là où le paradoxe s'établit.

Car être toujours à contre-courant de tout, est usant.

Et nous avons parfois juste envie d’être comme tout le monde et de ne plus nous prendre encore des remarques sur notre « bizarrerie ». Même si cela ne nous correspond en aucun point.


Le Prince Charmant versus le lien sensible


Longtemps, on m’a dit que je ne trouverais jamais l’âme sœur car j’étais trop exigeante. Que je rêvais au Prince Charmant et que pour trouver un amoureux… il fallait que je jette aux oubliettes cette idée. Je ne comprenais rien à cette remarque. Elle m’était formulée car j’expliquais que j’avais besoin d’être connectée avec quelqu’un pour envisager de vivre avec. Et que si je ne ressentais pas cette connexion, cette attirance intellectuelle, cette même sensibilité, je savais immédiatement que cela n’irait pas plus loin.

Je ne rêvais pas du Prince Charmant sur son grand cheval blanc qui m’emmènerait dans son château… où ensuite je m’ennuierais comme jamais. Je voulais juste trouver quelqu’un qui me comprenne. Point.

On me riait au nez en me disant que cela n’existait pas et qu’il fallait que je sache faire des concessions. Non merci, pas sur ça.


Bizarrement, j’ai passé ma vie à être un caméléon, à construire mon faux-self pour donner l’illusion d’être comme tout le monde. Mais sur certains points où je sentais que c’était trop important pour moi, que trop de choses étaient en jeu, j'étais incapable de lâcher. Et sur celui-là, je n’ai pas lâché.


1234 x 126 et quel est l’état physique de Vénus ? Tu as 2 minutes.


Dans ma quête de l’âme sœur, je pense que j’en ai effrayé plus d’un. Chaque RDV virait au test de QI et de QE (Quotient Émotionnel). J’ai parfois été infecte, je l’avoue. Mais j’étais à bout. Mon comportement reflétait juste ma tristesse et mon mal-être.

Lors d’une autre étude sociologique américaine réalisée en 2015, des chercheurs ont observé de jeunes hommes rencontrant des femmes au QI supérieur au leur (en ayant conscience de cette particularité). S’ils se disaient intrigués de les rencontrer, ils les abordaient toutes avec beaucoup de réserve. Ils étaient par contre beaucoup plus confiants face à des femmes au QI inférieur au leur. Le stéréotype mal dominant, femme soumise a la vie dure.

Le risque réel ?


S’isoler. Bon oui je sais, en ce moment, nous n’avons pas beaucoup le choix. Mais à force d’aller d’échec en échec, de se sentir totalement en décalage avec les autres, la tentation est grande de se replier sur soi-même et de ne plus pratiquer de relations sociales. Et les relations sociales, c’est un sport à part entière ! Il faut s’y entraîner ! Cela ne veut pas dire que je vous encourage à côtoyer n’importe qui, mais je vous encourage à faire l’effort d’aller vers les autres, de multiplier les rencontres.


Et laissez votre intuition faire le reste. Elle saura rapidement vous dire si telle ou telle relation (amicale ou amoureuse) peut être intéressante à creuser. Si ce n’est pas le cas, ne le vivez pas comme un échec. Oui il y aura plus de déceptions que de belles rencontres. Mais ces belles rencontres sont incroyables et il faut capitaliser dessus.


À titre personnel, je n’ai pas beaucoup de « vrais » amis. Mais je connais beaucoup de monde. Et cela me va très bien de la sorte.


Relations sociales = sport de haut niveau pour les atypiques


Les relations sociales nous sont très souvent épuisantes. Nous avons besoin par la suite de moments pour nous ressourcer, seules. Mais je vous assure que plus vous vous isolerez, plus vous perdrez en pratique et plus vous deviendrez maladroites dans vos relations. De plus, nous faisons souvent, nous les atypiques, preuve d’excès de franchise (sans forcément nous en rendre compte) et nous craignons par la suite de froisser quelqu’un en soupesant chacun de nos mots. Nous perdons les codes de ce monde qui ne nous est pas familier. Donc sortez de votre zone de confort et pratiquez, pratiquez, pratiquez.


Et comme pour tout sport, par l'effort vous deviendrez de plus en plus fortes. Je suis aujourd’hui capable d’entamer la conversation avec n’importe qui. Il y a 10 ans, cela faisait partie de mes pires angoisses de me retrouver à côté de quelqu’un que je ne connaissais pas lors d’un repas ou d’une réunion. Je me suis beaucoup détachée du regard que l’on va porter sur moi. Et surtout je n’ai plus d’attente particulière. Soit je fais une nouvelle belle rencontre amicale ou professionnelle… soit cela sera pour une prochaine fois. Et surtout quand je sature... je pars poliment. Mais j'assume ce que je ressens.


Loi de l’attraction ? Non, non et non !


Autre point, je ne crois pas DU TOUT en la loi de l’Attraction. Je vous choque ? Je m’en doute. Je sais que c’est un courant très à la mode mais qui rend mystique une chose qui pour moi ne l’est pas. Donc je ne vais pas vous conseiller de vous dire tous les soirs que demain c’est sûr le grand Amour va sonner à votre porte.

Par contre, je crois aux études scientifiques qui prouvent que le cerveau est l’organe le plus fainéant de notre corps.

DONC, si vous vous répétez sans arrêt que vous n’avez aucune chance de rencontrer qui que ce soit, que personne ne vous comprend et que de toute façon vous n’êtes pas faites pour les relations sociales, comptez sur lui pour tout mettre en œuvre pour que cette conviction se réalise. Car notre cerveau ne vit que sur la base de ce qu’il a déjà vécu et passe son temps à prendre des raccourcis pour vous confirmer dans vos croyances par pure fainéantise. Il lui est beaucoup plus difficile de se construire une autre réalité.

Mais si vous lui répétez que c’est faisable, il rendra possible de nouvelles actions et alors c’est ainsi que votre vie commencera à changer, y compris dans vos relations aux autres. Il n’y a donc qu’un moyen de vous en sortir : l’action!

Et si vous avez besoin de reprendre d’abord confiance en vous, commencez par des rencontres entre atypiques. Les réseaux sociaux sont pour cela magiques. Nombre de groupes existent désormais pour les atypiques : neuroatypiques comme hypersensibles. Cela fait toujours du bien de se ressourcer entre pairs avant de se lancer dans d’autres rencontres.


Attention cependant aux relations toxiques !


Un dernier point qui me taraude . Les atypiques, HPI comme hypersensibles, ont souvent un haut seuil de tolérance à la violence. Paradoxalement. On encaisse, on encaisse, on encaisse. Et hop, on se relève, on sourit et tout va bien. On ne sait pas toujours mettre le curseur du bien et du mal au bon endroit.


Je me rends compte que beaucoup d’atypiques se retrouvent prises dans des relations particulièrement toxiques, et notamment avec des pervers narcissiques dont elles sont les proies privilégiées.

Les hypersensibles de par leur manque de confiance en elles et leur besoin de trouver l’accord dans le regard de l’autre, facilite l’abord du pervers narcissique.

Donc surtout, ancrez au plus profond de votre être votre valeur. Oui, vous êtes différentes mais non, cela ne justifie pas de devoir vous cacher et d’accepter de vivre aux côtés d’une personne qui vous fait croire que vous n’existez qu’à travers son regard.

Et moi ? Bande de curieuses ;o)


Et bien oui, j’ai fait LA rencontre où la connexion s’est faite. Après de très nombreuses déceptions (j’avais presque 26 ans quand je l’ai rencontré), je suis allée un soir à une rencontre arrangée par une amie. Le plan que j’ai toujours haï. J’en ai refusé plusieurs avant d’accepter la rencontre avec celui qui allait devenir mon mari. Je ne sais toujours pas pourquoi j’y suis allée. Mon intuition me disait que cette fois ça allait être différent. Alors j’ai fait l’effort.


Nous avons été mis dehors par le restaurateur qui tombait de fatigue et qui voulait fermer son établissement à 1h du matin (en semaine…). 13 ans, un mariage, une maison, deux enfants, un chien et un monospace plus tard (zut, je n’ai pas encore le SUV)... merde, je suis tombée en plein dans le schéma normatif en fait ! Sur le plan personnel, oui clairement, je suis tombée en plein dans la marmite. Vous le savez que ma révolution se fait sur le plan professionnel surtout.


Le plus important pour moi : nous sommes toujours connectés. Je vous rassure, nous avons une vie de couple tout à fait normale : avec ses hauts et ses bas, ses désaccords, ses prises de tête, ses nécessaires discussions et ses réconciliations. Ce n’est pas un Prince Charmant, c’est mon fil conducteur, mon fil d'Ariane. Car tout me ramène à lui.

En fait, là où je suis la plus fière c’est de l’équipe que nous formons tous les deux. Car au final, en étant ainsi connectés, nous regardons toujours vers la même direction. On en a déjà franchi des obstacles (et beaucoup…). Et j’ai bien compris que j’avais trouvé mon partenaire de vie.

Alors gardez espoir, n’oubliez pas votre valeur et ne vous renfermez pas sur vous ! Le monde a besoin de votre richesse intérieure. Partagez là avec ceux qui la méritent.


Source :

La femmes surdouée de Monique de Kermadec aux éditions Albin Michel

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