• Géraldine Sohet

HPI, c’est quoi ?

C’est vrai après tout. C’est quoi HPI ? À quoi ressemble un Haut Potentiel Intellectuel ? Personnellement, je déteste ce terme. Car il vous pose là, telle une encyclopédie vivante qui devrait pouvoir répondre à l’ensemble des questions existentielles que porte ce monde.


Et bien, je pense que vous serez nombreuses à confirmer cette affirmation : PAS — DU — TOUT !

On ne se ressent pas du tout ainsi quand on est HPI. Voici ma définition tout à fait personnelle du HPI. Celle qui me correspond.





HPI ne signifie pas Haut Potentiel Intellectuel pour moi


Pour ma part, je parlerai plutôt d’un haut potentiel :

  • de curiosité ;

  • à prendre des chemins de traverse ;

  • d’exigence ;

  • qui s’intéresse à tout et qui se rend malade de ne pas réussir à tout apprendre tellement elle peut se sentir illogiquement bête face aux autres ;

  • de lucidité extrême ;

  • de décalage avec les autres ;

  • de grande sensibilité ;

  • d’humour pour cacher sa sensibilité et se cacher des autres ;

  • à toujours courir après son cerveau.

Car c’est là tout le paradoxe.

Quand le père WAIS IV (test que l’on passe chez le psychologue et qui détermine votre QI) vous annonce telle une sentence inéluctable que vous êtes bel et bien HPI, cela vous provoque exactement la même sensation de soulagement que le chirurgien qui vient vous révéler que l’on a trouvé la maladie qui vous ronge de douleur depuis l’enfance.

Première réaction : ouf, il y a une explication à tout ce bordel dans ma tête.

Deuxième réaction : merde, ce bordel là, il ne s’opère pas.




C’est quoi alors HPI ? Une pathologie ?


Pour ceux qui ne sont pas concernés, c’est une marque de dédain envers le commun des mortels. Oui après tout, vous faites partie des 2 % d’élus qui ont un QI très supérieur à la moyenne. Pour qui vous prenez-vous ? Et bien, justement on ne sait pas pour quoi on se prend. Ni qui on est vraiment en fait.


Car quand vous êtes concernée, c’est tout et n’importe quoi. Selon les jours c’est l’enfer et à d’autres moments c’est le pied. Pour autant, les scientifiques de tout bord sont unanimes, ce n’est pas une pathologie.

Notre cerveau n’est pas malade, il va « juste » dans tous les sens. Il a un mal fou à se canaliser et fait des liens de dingue auxquels personne ne pense. Tout le temps. Même dans les situations où il n’y a rien de spécial à penser. Coucou les courses au supermarché, le ménage, le repassage, la file d'attente à la poste ou la salle d'attente du médecin (terrible celle là, car avec toutes les affiches qui s'y trouvent, vous avez le temps de découvrir tout un tas de maladies dont vous n'avez jamais entendues parler...)

Et quand vous verbalisez vos pensées, je ne sais pas pour vous, mais si le sujet est grave, votre interlocuteur ricane en vous disant : « Ah oui quand même, tu vas chercher loin », et quand c’est un sujet léger, ce même interlocuteur vous félicite pour votre créativité et vous invite à réfléchir à écrire un bouquin.


Sauf que pour vous, tous ces croisements arborescents sont sérieux. Donc gros malaise et extrême frustration, car vous avez l’impression que l’on ne vous prend pas au sérieux. Et quand des années plus tard, votre raisonnement s’avère exact… vous plongez en plein désespoir, mêlé d’une pointe de satisfaction teintée de : je vous l’avais bien dit.


Mais personne ne se prendra le temps de creuser ce à quoi vous pensez. Si ? Ah, alors c’est que cette personne est aussi HPI ;o).


Tu parles, c’est juste un phénomène de mode, tout le monde se dit HPI aujourd’hui


Oui, alors ça, ce n’est pas faux, c’est le truc qui me rend folle en ce moment. TOUT LE MONDE se prétend HPI.


Coucou Audrey Fleurot avec sa fameuse série.


Dès que vous êtes dingue et loufoque, bingo vous êtes HPI. Non, vous pouvez aussi être dingue et loufoque sans être HPI. Vous pouvez également être hypersensible et HPE (Haut Potentiel Émotionnel) sans être HPI. Et vous êtes très bien telle que vous êtes.

C’est normal de chercher à savoir qui l’on est (je serai gonflée de prétendre le contraire), mais dans ce cas prenez les choses en main et osez vous révéler. Osez entendre vos qualités… et tous ces petits défauts que vous devez travailler si vous voulez avancer sur votre chemin de vie. Allez voir un psychologue, surtout n’ayez pas honte. C’est une démarche salvatrice ! Même si vous n’êtes pas HPI, vous serez sur le bon chemin pour progresser dans la connaissance de vous-même.


Je dois vous avouer qu’au début de ce blog, j’ai été souvent contactée par des personnes qui se pressentaient HPI et qui avaient fait un test de QI gratuit sur le Net. Hum, gêne intense. Déjà, laissez tomber les tests de QI en ligne. Il faut une analyse humaine de votre test. Pas seulement un robot qui additionnera les réponses a, b ou c. Surtout n’ayez pas peur du test.


Être HPI n’est pas une quête en soi. Croyez moi. La quête, c’est de savoir qui l’on est et quelle est sa place dans la société. Mais quand on est HPI, cette quête peut être plus tortueuse.

Cet article ne repose que sur mon avis et mon ressenti personnel. Bon, forcément j’ai aussi lu quelques livres à ce sujet. Mais je suis à votre écoute pour que vous me proposiez en commentaires votre définition de votre HPI.

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