• Géraldine S

Je n'étais pas prête...



J’avais prévu d’échanger avec vous sur un autre sujet avec vous ce lundi, mais les faits sont là, me coupant toute inspiration…


Je ne souhaite pas évoquer le contexte sanitaire, pour lancer un débat sur la nécessité de mettre en place telle ou telle restriction au vu de tout ce qu’il se passe. Ce n’est pas mon intention ni mon rôle.


Même si beaucoup de choses ont déjà été écrites sur ce thème, j’ai simplement envie de partager mon point de vue d’hypersensible qui va devoir gérer deux enfants hypersensibles pendant 3 semaines, tout en assumant mon quotidien professionnel et personnel.


Comme beaucoup d’entre nous, ma fatigue et ma lassitude sont grandes. Bien entendu beaucoup de circonstances sont plus difficiles à vivre, mais je n’étais pas prête à expérimenter tout cela. Et ce 3e confinement me donne l’impression de subir une situation qui me semble sans fin. Et j’ai simplement besoin de le dire.


Je n’étais pas prête en tant que maman


J’aime mes enfants. Plus que tout. Il n’y a aucun débat là-dessus. Sauf que voilà, quand j’ai décidé de devenir maman, je n’avais pas prévu de devoir vivre tout cela. Je ne m’étais jamais questionnée sur l’hypersensibilité (même pas sur la mienne donc celle de ma future progéniture…). J’ignorais que les enfants hypersensibles demandaient autant d’énergie, d’amour, de partage, de patience, de réassurance quasi permanente…


Je ne savais pas que j’allais devoir pendant un an jouer tous les rôles, sans jamais pouvoir vraiment souffler. De devoir être à ce point inventive pour trouver des activités, expliquer le manque de vie sociale, de train-train habituel, pourquoi on ne voit plus trop papi et mamie, pourquoi on ne doit plus leur faire de câlins ni de bisous… Dédramatiser la situation pour autant pour ne pas trop les inquiéter, car leur hypersensibilité les rend perméables à tout.

Je n’étais pas prête à devoir gérer encore plus de tempêtes émotionnelles. Car sans soupape extérieure, c’est forcément maman qui se prend tout dans la poire.

Je n’étais pas prête à devenir institutrice. L’instruction en famille n’est définitivement pas faite pour moi ni pour mes filles. Au moins, je n’aurai pas de regret par rapport à cela. J’ai eu finalement la chance de tenter l’expérience. Et ce fut un vrai fiasco. Et même si je ne suis pas la plus grande supportrice de l’éducation nationale, je commence à mieux comprendre certaines de leurs difficultés.


Je n’étais pas prête pour que ma vie tourne autour de protocoles sanitaires


Je n’étais pas prête pour devenir une chasseuse de flacons de gel hydroalcoolique à l’entrée de chaque endroit où nous entrons et à apprendre à mes filles à manier la pédale des distributeurs pour éviter qu’un jet ne vienne les aveugler.


Je n’étais pas prête à les récupérer masquées à la sortie de l’école et à être privée de leurs sourires.


Je n’étais pas prête à l’idée qu’elles n’ont jamais vu le visage de leurs institutrices.


Je n’étais pas prête à gérer les vomissements d’angoisse de mon aînée qui ne supporte pas de devoir désormais attendre pour pouvoir aller manger à la cantine, sans pouvoir toucher ses amis ni être en face d’eux. Hypersensible je vous dis.


Je n’étais pas prête à devoir calculer quand les magasins d’habillement allaient à nouveau fermer pour anticiper et éviter que mon aînée ne se retrouve avec ses vêtements de l’an passé deux fois trop courts (c’est du vécu, et je ne vous parle même pas des combines pour les chaussures…).


Je n’étais pas prête à ne plus partager mes moments de convivialité préférés autour d’une bonne table avec ceux que j’aime (et je suis une vraie franchouillarde, j’adore manger !).

Je n’étais pas prête à ne quasiment plus voir mes parents pendant presque un an, alors qu’ils vieillissent et que je ne sais pas de quoi demain sera fait pour eux.

Je n’étais pas prête à être coupée du monde


Je n’étais pas prête à réaliser de plein fouet que tous ces confinements allaient révéler que ma liberté comptait plus que tout. Et qu’il fallait que j’accepte désormais de privilégier cette valeur afin de me respecter.


Je n’étais pas prête à prendre goût à la solitude, à travailler telle une ourse dans ma caverne.

Je m’étais toujours convaincue de l’inverse.

Je n’étais pas prête à mesurer à quel point j’ai eu de la chance de pouvoir voyager où je voulais et comme je voulais. Et que quand j’avais envie de voir la mer, je devais simplement me préoccuper de l’état de mes finances pour décider de partir ou non.

Je n’étais pas prête à tellement marcher autour de mon village, à prendre conscience de sa beauté ainsi que de celle de la nature environnante.


Je n’étais pas prête à vivre l’Histoire avec un grand H


Quand gamine j’avais un léger frisson en écoutant les cours sur la 2e guerre mondiale en me disant que j’avais vraiment une chance folle de savoir que je ne vivrais jamais des trucs pareils…


Je n’étais pas prête.


On m’a déjà fait la remarque que tout cela pourrait être bien pire, que mes enfants pourraient être à l’hôpital, ou moi-même, alors que nous sommes tous en bonne santé. C’est exact. Mais à toujours courber le dos, on finit par un jour par rompre. Donc, non ma situation n’est pas épouvantable, mais j’ai aussi le droit de dire que j’en ai marre.


Cela peut sembler paradoxal, mais être hypersensible aide malgré tout à faire face. Ressentir les choses, savoir réagir et épauler les autres comme on peut, selon leurs attentes et leurs besoins.


Mais cela demande encore de beaucoup prendre sur soi. Pour preuve, mes cheveux sont devenus blancs d’un coup. Alors oui j’en avais déjà un bon paquet avant. Mais, à force, je pense que mon corps a trouvé une façon de me faire comprendre que j’avais atteint une première limite. Et j'espère bientôt commencer à souffler.


J’ai cru plus d’une fois que j’allais dérailler. J’ai tenu bon, je tiens bon et je tiendrai bon. La fatigue est là et il me faudra longtemps pour reprendre le même allant. Mais pour autant, après tout cela… je suis prête à déplacer des montagnes. La liberté retrouvée, plus d’excuses pour ne pas foncer !


#confinement, #restrictions, #écolesfermées, #cavaetrehorriblepourbosser, #jenesaispascommentjevaisgérer #ausecourslesgrandsparents


Crédit photo :


<a href="https://fr.freepik.com/photos/personnes">Personnes photo créé par shurkin_son - fr.freepik.com</a>

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