• Géraldine S

La crise de la quarantaine ?

Vous le savez maintenant, j’ai tout plaqué il y a 4 ans pour changer de vie professionnelle. J’allais sur mes 35 ans. Crise de la quarantaine en avance ? Peut-être.

Mais finalement, est-ce que la crise de la quarantaine traverse aussi les atypiques ? Ou bien sommes-nous en crise existentielle permanente ? Pas plus à 40 ans qu’aux autres âges ?



Reposons les bases : c’est quoi la crise de la quarantaine ?

Généralement, quand on aborde ce thème, c’est souvent un sujet de raillerie. Les hommes s’en enorgueillissent et les femmes sont censées trembler à l’idée que monsieur s’achète la dernière décapotable à la mode pour aller racoler des minettes plus jeunes qu’elle. Je ne dis pas que cela n’existe pas. Pour moi cette phase de vie a une tout autre signification. Surtout pour les atypiques.

La crise de la quarantaine est un terme inventé en 1965 par le psychanalyste canadien Elliott Jaques. Selon lui, « cette étape reflète l’aurore de la prise de conscience de sa propre mortalité. Sentir soudainement une routine qui nous oppresse, se sentir prise au piège dans un quotidien qui ne nous convient plus. S’engagent alors une vraie remise en question et une vraie quête de sens ».

La quête de sens

La quête de sens ! Le sujet qui souvent nous relie toutes, nous les atypiques. Et qui même nous permet de nous rencontrer professionnellement. Donner du sens à ce que l’on fait et à l’inverse se sentir prête à exploser (si on n’est pas déjà en burn-out…) si l’on ne trouve pas une possibilité d’avoir de l’impact sur le monde qui nous entoure. De laisser une trace.


À 40 ans, nous pouvons plutôt avoir l’impression d’être très déçues de nos vies. C’est-à-dire que dès le départ, nous avons voulu agir et essayer d’avoir une existence à l’image de nos pensées et de nos rêves. Beaucoup, en étant étudiantes, avaient la conviction de maîtriser encore leur destin. C’était la phase d’expansion de leur potentiel (pour celles qui savaient dans quelle voie s’engager), de contrôle de leur vie, quand elles cultivaient la volonté d’apporter quelque chose au monde. De le façonner un peu à leur image.

Et puis…

La vie suit son cours. Nous travaillons, tombons amoureuses, avons des enfants, les élevons. Et souvent, nous mettons finalement tous nos talents au service de notre entreprise familiale. Et finalement est-ce un choix ou un sacrifice de plus ? Pour répondre à cette volonté d’agir sur le monde, en le répercutant sur nos enfants et leur permettre de se réaliser pleinement, ce que nous n’avons après tout pas fait.


Kathleen Noble est Professeur associée et chercheuse du Centre d’Études sur les Femmes à l’Université de l’Etat de Washington à Seattle. Pour elle, les femmes neuroatypiques qui ne poursuivent pas leurs rêves risquent de sombrer dans une profonde dépression.


Tout d’abord, elle cherchera un compromis : sa vie n’est pas si mauvaise. Elle a un bon job, est bien entourée, est aimée et a une vie confortable. Elle fera tout pour faire taire cette petite voix intérieure qui lui dit que ça ne peut pas durer ainsi.

Autant vous dire que ces constatations me parlent particulièrement. C’est exactement ce que j’ai vécu. Pourquoi cette petite voix intérieure me harcelait-elle pour m'indiquer que je ne pouvais pas continuer de la sorte ? Alors que tout sur le papier semblait parfait.


Kathleen Noble évoque « l’appel du réveil » : état de fatigue extrême, irritabilité, oppression.


Agir devient une urgence vitale. Nous prenons alors des décisions pour en fait pouvoir enfin vivre notre vie. Et pas forcément dans la plus grande logique.

Toujours pour l’autrice de cette étude, la plupart des atypiques sont capables de traverser cette période tout en continuant d’être attentives aux autres, de travailler, sans se reconvertir. Mon cas serait une exception. Au vu des nombreux témoignages reçus au sein de la communauté... j’en doute ;o).

Je vis peut-être complètement ma crise de la quarantaine actuellement. Mais finalement, je crois qu’elle m’a sauvée. Oui, je serais tombée dans une profonde dépression si je n’avais pas osé suivre mes rêves. Cette décision n’avait rien de logique ni de raisonnable… dans un cadre normal. Mais dans un cadre atypique… cela reprend toute sa cohérence.

Et vous ? C’est une période que vous avez aussi traversée ? Ou que vous redoutez ? Comment l’avez-vous vécue ?

Sources :

https://sante.journaldesfemmes.fr/fiches-sante-du-quotidien/2646023-crise-de-la-quarantaine-homme-femme-definition-symptome-causes-duree-solutions/

La femmes surdouée de Monique de Kermadec

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