• Géraldine Sohet

Ma fille ne supporte pas ses vêtements : que faire ?



Votre chérubin rêve de vivre nu — allez avec une culotte pour te faire plaisir Maman les jours où il fait froid —, sans contrainte, faisant fi des conventions sociales, mais surtout… de ces fichues E-TI-QUETTES ! Ces vicieuses petites choses glissées dans le pantalon, le t-shirt et même la culotte de Zébrinette, ma fille cadette. Ces morceaux de tissu sournoisement insérés dans ces habits qui provoquent chaque matin une crise mémorable si dans un moment perdu, sa mère indigne a omis de les enlever. Et oui ma Zébrinette ne tolère pas la plupart de ses vêtements : trop serré, trop chaud, pull à col roulé, ça gratte, ça pique, ça frotte, ça lui colle la peau… Bref, les préparatifs avant d’aller à l’école furent longtemps un vrai calvaire à cause de ça. Alors que faire quand ma fille ne supporte pas ses vêtements ?


L’hypersensibilité sensorielle : la cause de ces crises


Zébrinette est hypersensible, je le sais. Mais pas seulement au niveau de ses émotions. Au niveau aussi du goût, de l’odorat, du toucher, de la vue et de l’ouïe. Elle est concernée par l’hypersensibilité sensorielle. Certains parlent de sensibilité exagérée. Je ne vois pas en quoi cela est exagéré ! Nous sommes tous plus forts dans certains domaines et bien ma Zébrinette est hyper douée dans les ressentis.


Sauf qu’il faut qu’elle apprenne à canaliser toutes ces sensations et à les exprimer autrement que par des cris tonitruants qui alertent tout le quartier dès que son pull est trop serré. Car elle est submergée par tout un tas d’informations qui lui font clairement péter les plombs.

Elle est coincée, il fait chaud, l’étiquette gratte (mère indigne je vous rappelle), ça sent mauvais : comment voulez-vous passer une bonne journée quand votre cerveau immature vous balance toutes ces informations en vrac ?


Je vous rassure ce n’est pas une maladie. Peu de statistiques existent, mais on estime qu’entre 5 et 15 % des enfants seraient concernés. En grandissant, on apprend à se connaître et savoir ce qui va nous faire surréagir. Et surtout notre cerveau gère mieux ce genre de données. Mais hypersensible un jour, hypersensible toujours.


Que faire alors pour que ma fille supporte ses vêtements ?


Et bien j'ai revu toute la garde-robe… Les vêtements agressent ces sens ? Je suis vigilante depuis sur des petits détails qui peuvent faire la différence :


· Bien entendu, on coupe directement toutes les étiquettes, cela ne sert à rien de provoquer la foudre alors que l’on peut l’éviter d’un coup de ciseau. Maintenant qu’elle est plus grande, Zébrinette est très attentive sur ce point. Et s’en charge souvent elle-même — avec ou sans mon autorisation, avec ou sans accroc dans ses vêtements à la suite de son intervention.


· On évite les lessives qui sentent le frais pendant deux semaines tellement elles sont blindées de parfums qui piquent les yeux (et donc de produits chimiques)


· Rien qui ne tire dans les cheveux (donc elle a tout le temps les cheveux lâchés, rarement peignés d’ailleurs) : j’ai donc abandonné les idées d’enfant parfaite avec des barrettes plein la tête (OK j’avoue, je n’en ai jamais rêvé)


· Surtout pas de vêtements non-Zébrinette compatible. On privilégie les vêtements hyper confortables : maille toute douce, pantalon sans bouton (mais on évite les leggings trop moulants), pas de col roulé, veste ample, même en hiver (et c’est une vraie galère à trouver) et bien entendu attention aux chaussures qui provoquent des ampoules… On oublie les jolies sandalettes à lanières l’été pour une bonne paire pas glamour, mais très confortable. Pour les vêtements, n’hésitez pas à prendre une taille au-dessus si l’écart de taille n’est pas trop grand. Cela apporte un confort supplémentaire en flottant un peu dedans. Tant pis pour le look.


Pour qu’elle accepte de s’habiller, faire des concessions


Malgré toutes les précautions prises, nous sommes restés confrontés à la question de l’hiver. L’hiver et ses doudounes, ses multiples couches de vêtements, ses gros bonnets et ses écharpes. Bref, le parfait costume de Bibendum qui rend Zébrinette folle. J’ai longtemps appréhendé l’arrivée de cette saison, juste parce que je m’imaginais en train de la préparer le matin.


Elle part désormais tout l’hiver en t-shirt avec par-dessus sa veste ample (pas d’élastique au niveau des poignets ni de la taille bien entendu). C’est notre deal. Pas de pull sur le dos, mais dans le sac au cas où. Jamais d’écharpe, rarement un bonnet. Par contre toujours des gants, à sa demande.

Les chaussures ne sont pas toujours fourrées, loin de là. Mais ma victoire a été de la convaincre que les sandalettes en hiver, ça ne le fait vraiment pas…


Je n’ai pas eu d’autres choix finalement que de lui faire confiance. De la laisser faire ses expériences avec son propre ressenti. Alors c’est sûr que certains matins elle part avec un look à faire s’évanouir les icônes de la mode. Mais je suis tellement fière quelque part de sa capacité à se détacher complètement de tout cela au profit de son ressenti. En fait, il me fallait l’écouter un peu plus au final.

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